“(...) Si elle se nourrit du cinéma, la démarche de Jérôme François est en revanche toute entière vouée à la peinture. Tout lui est dédié, tout revient à son interrogation fondamentale et chacune des excursions iconographiques de son œuvre y ramène. Qu’il y soit question de trame, de focale ou de mise en abîme, qu’il y soit question de narration, d’arrêt sur image ou de composition abstraite, nous nous trouvons là face à un travail de recherche qui vise à proclamer la pérennité d’un mode. Quand bien même il emprunte ses motifs au septième art, utilise du mode de projection pour les reproduire, les cadre comme vus de la cabine d’un projectionniste, Jérôme François n’a qu’un seul but : rendre la peinture à la peinture (...).
Les influences sont ici diverses. Question récupération, l’art de Jérome François doit tant au ready-made de Duchamp qu’à l’exemple du Nouveau Réalisme; question manipulation de l’image, il doit tant à la pratique de fréquentation du Pop Art qu’à celle de la syncope d’un artiste comme David Salle ; question style, il doit à l’expérience d’une œuvre comme celle de Richter."
Philippe Piguet, Jérôme François, destination peinture, Arthotèque de Caen